Sylvain Runberg

Et dans l’histoire qu’est-ce qui t’as intrigué, qu’est ce qui t’a touché ?

Ce qui m’a touché avant tout ce sont les personnages, notamment Lisbeth Salander, Mikael Blomkvist et Erika Berger mais aussi le fait d’être plongé au cœur d’un thriller, d’une enquête sur un serial killer.

Pourtant ce ne sont pas des personnages qui sont des archétypes. Comment les qualifierais-tu tous les trois ?

Lisbeth se définit comme une marginale mais en fait c’est quelqu’un qui a souffert et qui essaie de survivre à ses souffrances et je pense que n’importe qui peut avoir de l’empathie pour quelqu’un qui a une existence comme la sienne et qui essaie de s’en sortir. Mikael c’est quelqu’un de bien mais qui vit dans ses contradictions, il est à la fois engagé sur le plan professionnel et beaucoup plus chaotique sur le plan personnel, ce qui en fait un personnage beaucoup plus intéressant puisqu’il est ambivalent et effectivement aucun de ces personnages ne ressemble aux archétypes des personnages de polar que l’on rencontre habituellement. Par exemple Mikael Blomkvist qui est l’enquêteur, n’a pas de fêlure particulière, n’est pas alcoolique, c’est un bon vivant, quelqu’un d’engagé et qui jouit de la vie ce qui lui procure un profil plutôt original par rapport au profil classique de l’enquêteur qu’on peut trouver dans le polar

José Homs

J’ai d’abord été très ému, pour moi Millénium est un projet très important dans la carrière d’un dessinateur. Lisbeth est une personne atypique.

Qu’est-ce qui en fait une héroïne ?

Ce n’est pas une héroïne. C’est un genre de rebelle mais pas parce qu’elle est contre le système mais plutôt parce qu’elle ne comprend pas le système. C’est une sorte d’inadaptée qui a eu la malchance au court de sa vie de croiser les mauvaises personnes, à l’exception de Blomkvist ou Palmgren. C’est un personnage qui n’a pas eu une vie facile et cela se ressent dans son attitude face à la vie ou aux autres. Tout cela fait d’elle un personnage attirant. Et graphiquement, elle est passionnante à dessiner.

Quel a été ton sentiment quand tu as vu pour la première fois l’appartement de Blomkvist et les locaux de Millénium ?

L’appartement m’a surpris principalement parce que c’est un édifice étrange, extravagant, j’imaginais ce lieu comme un bloc d’édifices, je me l’imaginais petit, assez impersonnel. Mais c’est en fait un super lieu à dessiner car il est plein de personnalité.